Photo BIOFORDIV © Boivin
BIOFORDIV -Résultats

BIOFORDIV - Diversité taxonomique, fonctionnelle et phylogénétique des biocénoses forestières le long d’un gradient de naturalité

Situés à un carrefour biogéographique entre influences atlantiques et méditerranéennes, les écosystèmes forestiers d’Occitanie et leur biodiversité sont particulièrement impactés par les changements climatiques et leurs conséquences fonctionnelles dans les biocénoses. Notre capacité à relever des enjeux de conservation face aux perturbations environnementales repose en partie sur le développement d’outils de suivi et de quantification de la biodiversité plus rapides, moins coûteux et non létaux. Ils peuvent contribuer à la production d’indicateurs du potentiel de résilience de ces forêts aux perturbations, sur lesquels l’adaptation d’une gestion forestière favorable à la conservation de la biodiversité pourra se baser.

Photo BIOFORDIV © Boivin

Le projet BIOFORDIV vise à analyser la réponse de la biodiversité forestière à l’historique de gestion sylvicole et au gradient de naturalité des sapinières autochtones anciennes, en mobilisant une approche pluri-taxonomique et interdisciplinaire. Il s’inscrit dans un contexte de forte attente sociétale et opérationnelle concernant la gestion durable des forêts et la conservation de la biodiversité, en particulier dans les massifs montagnards soumis à des héritages d’exploitation contrastés.

Démarche

Les travaux ont été menés dans deux massifs des Pyrénées, le Canigou et le Burat, au sein de hêtraies-sapinières représentatives de trois catégories de forêts correspondant à un gradient d’anthropisation : (i) des forêts de production actuellement exploitées, (ii) des forêts anciennement exploitées mais laissées en libre évolution depuis au moins 50 ans, et (iii) des vieilles forêts présentant de très rares traces d’exploitation, remontant à plus de 100 ans. BIOFORDIV s’est appuyé sur l’étude de trois groupes indicateurs complémentaires (oiseaux forestiers, coléoptères saproxyliques et flore vasculaire) afin de caractériser la biodiversité sous différentes dimensions (taxonomique, fonctionnelle et phylogénétique) et d’en analyser les déterminants.

Les communautés biologiques et les composantes environnementales ont été caractérisées à l’aide d’inventaires standardisés, couplés à l’évaluation de méthodes innovantes de suivi de la biodiversité, telles que l’acoustique passive, l’analyse automatisée des données et les outils moléculaires basés sur l’ADN environnemental (ADNe). La comparaison avec les méthodes classiques a permis d’en tester la complémentarité, les performances et les limites opérationnelles.

Résultats

Les communautés biologiques répondent de manière différenciée à l’historique de gestion forestière. À l’échelle multi-taxonomique, la richesse spécifique apparaît principalement déterminée par le contexte propre à chaque massif, tandis que la composition des communautés, leur abondance et certaines dimensions de la diversité sont fortement influencées par le degré de naturalité et la maturité des peuplements. C'est le cas par exemple des communautés de coléoptères saproxyliques (qui vivent du bois mort) qui sont nettement structurée par l’historique sylvicole, soulignant l’importance de la qualité et de la continuité des habitats plutôt que de la seule quantité de ressources. Les richesse, abondance et  diversité phylogénétique de communautés d’oiseaux augmentent avec la complexité structurale des peuplements et la densité de dendro-microhabitats, identifiés comme des éléments clés. La flore vasculaire  révèle une forte différenciation entre massifs et une influence marquée des conditions locales, tout en mettant en évidence une spécificité floristique associée aux vieilles forêts.

Les approches innovantes ont confirmé leur intérêt. L’acoustique passive, couplée à l’outil d’identification automatisée BirdNET, a montré des performances comparables aux points d’écoute standardisés. Les analyses par ADNe ont permis de détecter une part significative des espèces et genres d’insectes identifiés morphologiquement, ainsi que des espèces complémentaires aux approches classiques, et d’accéder à une diversité fongique jusque-là peu documentée.

Dans son ensemble, BIOFORDIV souligne l’importance d’intégrer des indicateurs qualitatifs de structure forestière, tels que les dendro-microhabitats et la continuité écologique, dans l’évaluation et la gestion des forêts. Le projet renforce ainsi les recommandations en faveur de pratiques sylvicoles visant à préserver ou enrichir ces éléments, y compris en forêt de production. Les résultats et limites identifiées ont directement conduit à la construction du projet SALUD (2025–2029), qui prolonge BIOFORDIV en élargissant le dispositif spatial, les taxons étudiés et en intégrant une approche « One Health », afin de renforcer la portée scientifique et opérationnelle des travaux.

Participants

Structures INRAE

  • URFM - Unité de recherche Écologie des Forêts Méditerranéennes
  • URZF - Unité de recherche Zoologie Forestière
  • UMR RECOVER - Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience - Aix Marseille Université
  • UMR DYNAFOR - Dynamiques et Écologie des Paysages Agriforestiers

Partenaires externes

  • CEN - Conservatoire d’Espaces Naturels d’Occitanie
  • CRPF - Centre Régional de la Propriété Forestière

Contacts - coordination

Documents à télécharger

Voir aussi

Pour en savoir plus : consultez le bilan scientifique et retrouvez les principales publications sur le HAL BIOSEFAIR