composition photo papillons, prairie pâturée par des chevaux, buse variable perchée @Goudet, UEPAO, Beltramo
AMDORE - Résultats

AMDORE - Outiller la restauration de la biodiversité dans les exploitations agricoles : amélioration d'une démarche à logique de résultat

Enrayer l’érosion de la biodiversité dans les milieux agricoles nécessite de développer des démarches et des outils qui permettent aux agriculteurs et aux collectifs agricoles de se réapproprier cet enjeu, pour mieux le gérer. Le projet ADORE avait permis de développer une démarche de gestion de la biodiversité sur les fermes qui proposait de ‘laisser la main’ aux agriculteurs quant à ce qu’ils veulent faire pour conserver/favoriser la biodiversité, en pilotant ces projets avec ‘une logique de résultats’. Cependant, la diffusion de cette méthode pouvait être limitée par 1) l’adhésion des agriculteurs ou des collectifs agricoles à la démarche et aux objectifs de préservation/restauration de la biodiversité et 2) le choix des indicateurs les plus pertinents pour suivre les résultats des actions engagées en faveur de la préservation/restauration de la biodiversité.

composition photo papillons, prairie pâturée par des chevaux, buse variable perchée @Goudet, UEPAO, Beltramo

Le projet AMDORE proposait d’approfondir la démarche, en s’attaquant aux éléments méthodologiques qui permettent de positionner la gestion de la biodiversité comme un objectif pour les agriculteurs ou collectifs agricoles. Il s’agissait notamment de tester les modalités d’intégration d’une étape de conception collective des enjeux de biodiversité.

Démarche

Le projet a été mis en place au sein de l’Unité Expérimentale de Physiologie Animale de l’Orfrasière (UEPAO, INRAE Centre Val de Loire, site de Nouzilly). Deux équipes ont participé à la démarche qui se structurait en 3 étapes itératives basées sur la méthode KCP (Knowledge-Concepts-Proposals).

Lors de la première étape, chaque membre de l’équipe explicite la notion de biodiversité à sa manière, puis un choix collectif des éléments de biodiversité à travailler est réalisé.

Lors de la deuxième étape, un atelier de partage de connaissances sur les éléments de biodiversité retenus en étape 1 et la mise en débat des connaissances permet d’aboutir au choix des actions à entreprendre, aux objectifs sur l’année et aux mesures à réaliser par les équipes elles-mêmes.

 La troisième étape permet le retour sur les résultats observés, l’analyse des résultats au regard des objectifs fixés et la définition de nouveaux objectifs et actions pour l’année à venir. 

Cette démarche itérative a été mise en place sur 2 années successives pour une équipe et sur une année pour l’autre. 

Pour la première équipe, la biodiversité ciblée portait sur des espèces considérées comme nuisibles (ragondins, corvidés, mouches/taons et guêpes…), des espèces patrimoniales (hirondelles et chauves-souris), des fonctions écosystémiques (dégradation de la matière organique et ombrage des pâtures) et une biodiversité globale en réhaussant la hauteur de fauche des pâtures. Pour l'autre, les objectifs choisis étaient d'évaluer l’activité biologique des sols dans 5 parcelles et d'implanter des bandes fleuries. 

Résultats

Les actions choisies ont pour la plupart été réalisées et suivies : comptages matin et soir du nombre de ragondins vus sur une parcelle de pâture ; installation de nichoirs pour hirondelles sous un hangar à paille et suivi leur présence/absence dans les nids ; installation de nichoirs à chiroptères et suivi de la présence/absence de déjections ; mesure de hauteur de fauche et relevés des dégâts sur la faune, pose de LEVAbags pour mesurer l'activité biologique des sols. 
Les retombées du projet concernant la préservation de la biodiversité sur le site INRAE de Nouzilly sont nombreuses et contribuent à la démarche RSE du site. Plusieurs actions en faveur de la biodiversité seront pérennisées : installation de nichoirs à hirondelles et à chauves-souris, remontée de la hauteur de fauche, engagement des équipes dans un projet de plantation de micro-bosquets, plantation de bandes fleuries.

Les premiers éléments semblent indiquer que la démarche visant à favoriser l’appropriation requiert des conditions initiales, notamment la présence d’un ingénieur réseau et un leadership partagé au sein du collectif. Néanmoins, il semble malgré tout que la méthode proposée permette, a minima de faire évoluer la perception de la biodiversité, ce qui peut être perçu à travers l’évolution du vocabulaire mobilisé par les participants.  La biodiversité est ainsi devenue un objet fédérateur de l’équipe. 

Participants

Structures INRAE

  • UE PAO - Unité expérimentale de physiologie animale de l'Orfrasière 
  • UMR PRC - Physiologie de la Reproduction et des Comportements
  • UE Saint-Laurent-de-la-Prée - Unité expérimentale de Saint-Laurent-de-la-Prée
  • UMR SADAPT - Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoires

 

Contacts - Coordination

Voir aussi

Pour en savoir plus : consultez le bilan scientifique et retrouvez les principales publications sur le HAL BIOSEFAIR