une zone tampon humide artificielle © Cédric CHAUMONT (UR HYCAR – INRAE)
Thèse SYNBIOTOX - Soutenue

Comprendre les impacts potentiels des flux de contaminants d’origine agricole sur la faune aquatique dans les Zones Tampons Humides Artificielles - SYNBIOTOX

SYNBIOTOX en étudiant une Zone Tampon Humide Artificielle (ZTHA) pilote située en Seine-et-Marne par des suivis écologiques et écotoxicologiques montre que le risque induit par les flux de contaminants d’origine agricole dans la ZTHA est important pour les amphibiens, et que des effets négatifs comportementaux et écologiques s’exercent sur la faune aquatique. Cette thèse permet de mieux comprendre les impacts potentiels des flux de contaminants d’origine agricole sur la faune aquatique dans les ZTHA.

Alexandre Michel a soutenu sa thèse le 25 mars 2025

Dans un contexte agricole, les Zones Tampons Humides Artificielles (ZTHA), éléments paysagers à l’interface entre parcelles et milieu aquatique, sont conçues de manière à intercepter les eaux de drainage et réduire naturellement les concentrations de pesticides circulant dans l’hydrosphère. Ces écosystèmes artificiels sont également des refuges favorables pour de nombreux taxons et contribuent au rétablissement des continuités écologiques. De par leur fonction de rétention, les ZTHA sont cependant des réservoirs potentiels de pesticides susceptibles d’avoir des effets non intentionnels sur les populations qu’elles abritent et les fonctions écologiques associées. L’impact sur la biodiversité va dépendre de dynamiques chimiques (saisonnalité des flux de pesticides en lien avec les pratiques agricoles et l’hydrologie du bassin) et écologiques (cycles de vie des espèces, stades en milieu aquatique).

 

Résumé

Les contaminants d’origine agricole, incluant les pesticides et les nitrates, peuvent être transférés jusqu’à l’hydrosphère, et ainsi avoir des effets néfastes sur les organismes et sur les écosystèmes aquatiques. Les Zones Tampons Humides Artificielles (ZTHA) peuvent être implantées dans le paysage agricole pour réduire le transfert des contaminants d’origine agricole dans l’hydrosphère grâce à des propriétés épuratoires naturelles. Cependant, bien que leur but premier soit de réduire la pollution du milieu aquatique, paradoxalement, les ZTHA peuvent constituer des milieux intercepteurs et concentrateurs de pesticides et nitrates, avec les répercussions négatives que ces contaminants peuvent engendrer sur les organismes aquatiques, faisant des ZTHA des potentiels pièges écologiques pour la faune aquatique.

Par l’étude d’un site pilote situé en Seine-et-Marne (France) et sujet à un suivi de la qualité de l’eau depuis 2012, la présente thèse vise à évaluer le potentiel pour une ZTHA agricole à agir comme un piège écologique pour les amphibiens et les invertébrés aquatiques autochtones.
Au travers d’un ensemble de suivis écologiques et écotoxicologiques multi-niveaux et in situ, les résultats obtenus tendent à montrer que le risque induit par les flux de contaminants d’origine agricole dans la ZTHA est important pour les amphibiens, et que des effets négatifs sub-cellulaires, comportementaux et écologiques s’exercent sur la faune aquatique. Ce travail permet de mieux comprendre les impacts potentiels des flux de contaminants d’origine agricole sur la faune aquatique dans les ZTHA.

 

  • Date de démarrage : 01/02/2022
  • Soutenance de thèse : 25/03/2025
  • Unité d’accueil : UR HYCAR
  • Centre INRAE : Ile-de-France Jouy-en-Josas - Antony
  • Direction de la thèse : Julien Tournebize
  • Encadrement de la thèse : Jérémie Lebrun, Aliénor Jeliazkov
  • Doctorant.e : Alexandre MICHEL
  • Université et école doctorale : AgroParisTech - ABIES
  • Financements : Métaprogramme Biosefair / Office Français de la Biodiversité – programme ECOPHYTO