Ixodes ricinus sur épi @bernard Chauvet
BIODILUTIQUE - résultats

Dans les grands boisements, les tiques sont plus nombreuses et oiseaux et chevreuils jouent un rôle en hébergeant des Borrelia - BIODILUTIQUE

BIODILUTIQUE confirme le rôle des caractéristiques des paysages sur l’abondance des tiques : dans les grands boisements les tiques sont plus nombreuses sur la végétation. La prévalence globale de la Borrelia spp est de 8,2 %. Les oiseaux jouent un rôle de réservoir à Borrelia plus important que les micromammifères. La densité de chevreuil influe sur dynamique des populations de tiques.

Ixodes ricinus sur épi @bernard Chauvet

Les liens entre biodiversité et santé constituent un front de science où le concept d’effet de dilution occupe une place centrale mais encore débattue. Les maladies à tiques, souvent zoonotiques, constituent un pathosystème particulièrement pertinent pour explorer ce concept. Le projet Biodilutique a exploré les liens entre la biodiversité des communautés d’hôtes et de tiques et la diversité des agents pathogènes transmis par ces tiques, avec un focus tout particulier sur les bactéries du genre Borrelia responsables de la maladie de Lyme. 

Démarches

BIODILUTIQUE s'est intéressé aux rôles des boisements, des prairies et des cultures sur la diversité des vertébrés et des tiques, ainsi que sur la prévalence des agents pathogènes qu’elles portent. 62 fenêtres paysagères distribuées sur deux gradients paysagers de proportion de boisements et de prairies sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre ont fait l'objet de collecte de tiques et de suivi par caméras. 

Aux printemps 2022 et 2023, 4546 tiques ont été collectées, dont 4386 sur la végétation, 71 sur des micromammifères et 89 sur des oiseaux. 

Au total, 7 espèces de tiques ont été identifiées, dont 90,1% d’Ixodes ricinus, espèce généraliste pouvant piquer l’homme, et 9,2% d’Ixodes frontalis, espèce spécialisée sur les oiseaux (passereaux – Turdidés et Corvidés - et colombidés). 

Les captures de micromammifères (n=271) ont révélé la présence de 6 espèces, dont les 3 plus abondantes étaient la crocidure musette (50,2%), le mulot sylvestre (34,2%) et le campagnol agreste (10%). L’analyse des données issues des pièges photographiques (n=723 vidéos) posés dans les fenêtres a révélé la présence de 10 espèces de mammifères sauvages et diverses espèces d’oiseaux.

Résultats

Les densités de tiques les plus importantes ont été observées dans les boisements les plus grands, alors que les boisements plus petits, surtout ceux situés dans des fenêtres peu boisées et moins connectées à d’autres boisements, présentaient des densités plus faibles voire nulles.

carte montrant la densité des nymphes de tiques

 

L’analyse d’ADNs de tiques a révélé une prévalence globale des Borrelia de 8,2%, dont 3,2% correspondant à 2 espèces de Borrelia dont les réservoirs principaux sont des oiseaux et 2,2% à une espèce de Borrelia dont les réservoirs principaux sont des micromammifères. Par ailleurs, ces tiques collectées sur la végétation étaient aussi porteuses de bactéries pathogènes zoonotiques et de protozoaires.

L’analyse de l’ADN extrait des biopsies de micromammifères (n=80) a révélé la présence de bactéries des genres Bartonella (37,5%) et Ehrlichia (1,2%), de Neoehrlichia mikurensis (1,2%) et du protozoaire Apicomplexe Hepatozoon sp. (33,7%). Parmi les I. ricinus collectées sur oiseaux (n=66), 51,5% étaient infectées par B. garinii ou valaisiana.

Un modèle mécanistique multi-hôtes et multi-agents pathogènes a été développé. Une analyse de sensibilité met en évidence l'influence très marquée de la densité des chevreuils ; bien que ces derniers ne constituent pas des hôtes propices à la multiplication de Borrelia, ils jouent un rôle important dans la dynamique des populations de tiques. Les oiseaux semblent jouer un rôle plus important que les petits mammifères en tant que réservoirs de ces agents pathogènes. 

CoPRAM, une thèse de doctorat cofinancée par Biosefair poursuit ces recherches.

Participants

Structures INRAE

 

Contacts - coordination

 

Voir aussi

Pour en savoir plus : consultez le bilan scientifique