Le canal de Bourgogne près de Dijon © G.Bouleau
REFUSE - Résultats

Faible opérationnalité du concept de services écosystèmiques dans la restauration des cours d'eau - REFUSE

REFUSE a analysé à partir d'études de cas le décalage d’échelle entre les références aux services écosystémiques dans les politiques publiques et leur capacité limitée à orienter les choix en matière de gestion locale de la biodiversité dans des situations de restauration de zones humides ou cours d’eau. Le constat est que les actions de restauration ou de conservation dépendent fortement de l'apparition de « fenêtres d'opportunité » spécifiques, qui n'ont aucun lien avec les évaluations des services écosystémiques.

Le canal de Bourgogne près de Dijon © G.Bouleau

Le cadre des services écosystémiques sert souvent de référence pour justifier des actions ou politiques publiques ou pour en évaluer les résultats. Cependant son approche très utilitariste, comme l’est d’ailleurs celle des solutions fondées sur la nature, peut poser questions et avoir des limites.

 

 

Démarches

Les participants de REFUSE ont présenté et discuté 7 études de cas de restauration de zones humides ou cours d'eau qui ont été analysées de manière croisée grâce à une typologie des biais et des problèmes non pris en compte dans des projets de restauration cadrés par une approche services écosystémiques. Ces biais, mésuages et angles morts ont été discutés. Ces travaux ont donné lieu à la rédaction d'un article (soumis). 

Résultats

Depuis plusieurs décennies, les services écosystémiques ont fait l’objet d’importants développements conceptuels et ont été intégrés dans de nombreux cadres méthodologiques afin de soutenir les stratégies internationales et les politiques supranationales ou nationales visant à préserver ou à restaurer la biodiversité. Le rôle que ce concept peut jouer dans la mise en œuvre concrète des projets de restauration des écosystèmes reste toutefois relativement peu exploré.

Adoptant une approche multidisciplinaire pour examiner le cas des milieux aquatiques français (zones humides et cours d’eau), REFUSE contribue à mieux comprendre le "fossé scalaire" entre, d’une part, la prolifération des références aux services écosystémiques dans les politiques publiques nationales et internationales et, d’autre part, leur capacité limitée à orienter les choix en matière de gestion locale de la biodiversité. Les espoirs que les services écosystémiques ont incarnés dans les champs académiques disciplinaires de l’écologie et de l’économie depuis les années 1990 au niveau international, ainsi que les promesses qu’ils ont représentées depuis les années 2000 pour l’action publique internationale ou nationale (française) ont été analysés. Le cas de la France a permis une analyse approfondie de la manière dont, et des raisons pour lesquelles, l'absence de données scientifiques en écologie et les régimes fonciers limitent considérablement l'applicabilité concrète du concept de services écosystémiques. Nos résultats montrent que les actions de restauration ou de conservation dépendent fortement de l'apparition de « fenêtres d'opportunité » spécifiques, qui n'ont aucun lien avec les évaluations des services écosystémiques.

Participants

Structures INRAE

  • UMR LISIS - Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés
  • UR RiverLy
  • UR GESTE - Unité de recherche Gestion Territoriale de l'Eau et de l'environnement - ENGEES
  • UR EABX - Unité de recherche Écosystèmes aquatiques et changements globaux
  • UMR BIOGECO - Biodiversité, gènes et communautés
  • UMR CESAER - Centre d'Economie et de Sociologie appliquées à l'Agriculture et aux Espaces Ruraux
  • UR ETTIS - Unité de recherche Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés

Partenaire externe

  • OFB - Office français de la biodiversité 

 

Contacts - coordination

Voir aussi

Pour en savoir plus : consultez le bilan scientifique

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