Bosque Real Country Club and Lomas del Cadete, in the foothills of Mexico City @johnny Miller
JUST-PLAN - Thèse 2025 - 2028

JUST-PLAN - Justice environnementale et décision d’aménagement du territoire

Les régions urbaines font face à des risques environnementaux exacerbés par le changement climatique (CC). En contrôlant et en planifiant la conversion, la restauration ou la conservation des espaces de nature, l’aménagement du territoire impacte directement le bien-être des populations et leur résilience face à ces risques. En effet, les espaces de nature contribuent à la santé et au bien-être et représentent un atout d'adaptation et de résilience du fait des fonctions écologiques qu’ils assurent et des services écosystémiques (SE) qu’ils procurent (régulation des températures, des inondations, des pollutions, récréation et réduction de l’anxiété, sensibilisation/éducation à la biodiversité, etc.). Pourtant, les choix d’aménagement sont rarement étudiés sous le prisme de qui perd ou gagne des évolutions des espaces de nature et de leurs SE.

  • Date de démarrage : 01/10/2025    
  • Unité d’accueil : LESSEM
  • Centre INRAE : Lyon-Grenoble
  • Direction de la thèse : Yves Schaeffer et Mihai Tivadar
  • Encadrement de la thèse : Léa Tardieu
  • Doctorant :  Elie MAUDRY
  • Université et école doctorale : EDSE Grenoble
  • Financements : BIOSEFAIR et FORESEE
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Objectifs

Les politiques d’adaptation au changement climatique fondées sur la nature n’intègrent que très rarement les dimensions sociales et économiques. La littérature a montré que cela pouvait conduire dans le cas des politiques de renaturation à privilégier des zones urbaines peu dotées en espaces de nature, mais où les populations résidentes ont des revenus et des niveaux d’éducation plus élevés, un meilleur accès à l’emploi, une espérance de vie et un accès aux services de santé plus important (Liotta et al., 2020). Plus généralement, la ségrégation socio-spatiale entraîne une répartition inégale des vulnérabilités, ainsi que des capacités d'adaptation inégales face à un environnement changeant. Il existe donc un besoin d’élargir la vision adoptée dans les politiques d’aménagement du territoire visant l’adaptation au changement climatique par la renaturation ou la lutte contre l’artificialisation pour mieux appréhender les enjeux de justice environnementale. Pour cela, nous développons des apports théoriques et empiriques sur le diagnostic de justice environnementale et la localisation des actions correctrices, par la confrontation et l’enrichissement des approches existantes, en considérant un ensemble de services écosystémiques associés aux espaces de nature.

Démarche

Dans un premier temps, la démarche inclut une revue approfondie de la littérature afin d’identifier les indicateurs existants d’inégalités et de justice environnementale, ainsi que les méthodes permettant de cibler les zones à prioriser dans le cadre des politiques de renaturation ou de lutte contre l’artificialisation, notamment celles caractérisées par un cumul de désavantages sociaux et environnementaux. Cette analyse vise à comparer leurs divergences conceptuelles et méthodologiques et à évaluer leurs implications pour l’action publique. Une attention particulière est portée aux effets des choix d’unités spatiales (municipalités, quartiers, carroyage) et des périmètres d’analyse retenus (centres urbains, espaces périurbains) sur la mesure des inégalités. Différentes sources de données sont mobilisées, notamment des données d’occupation des sols, des données socio-économiques et des données révélant les préférences ou comportements individuels. Nous étudions l’évolution des inégalités environnementales à travers plusieurs dimensions, telles que l’accès aux espaces de nature, l’exposition à la chaleur urbaine et la vulnérabilité aux inondations. L’analyse des mécanismes économiques sous-jacents à ces dynamiques constitue également un axe central de la recherche. Des méthodes de ciblage sont ensuite mobilisées pour identifier les zones prioritaires d’intervention publique, en tenant compte du caractère cumulatif des inégalités, à travers des mesures de contribution marginale des unités spatiales ou des simulations de politiques de renaturation ou de conservation. Enfin, afin d’intégrer les effets dynamiques potentiellement indésirables des politiques environnementales, telle que la gentrification, nous mobilisons des modèles de choix résidentiel permettant de construire des scénarios contrefactuels. Cette démarche vise ainsi à éclairer les stratégies futures d’aménagement et d’adaptation au changement climatique.

 

Contacts

Yves Schaeffer (LESSEM)

Mihai Tivadar (LESSEM)

Léa Tardieu (TETIS)

Elie Maudry (LESSEM)